Prévention de l'hépatite B : les clés pour éviter l’infection

L’hépatite B est une maladie virale qui touche le foie et se transmet par le sang et certains liquides biologiques. Potentiellement grave, elle peut évoluer vers une forme chronique et provoquer des complications sévères, comme la cirrhose ou le cancer du foie. Pourtant, l’infection est largement évitable grâce à des mesures de prévention de l'hépatite B efficaces et bien connues. Vaccination, hygiène, comportements à risque : faisons le point sur les bons réflexes à adopter.

Pourquoi la prévention de l’hépatite B est-elle essentielle ?

Le virus de l’hépatite B (VHB) est l’un des virus les plus contagieux du monde : il est 100 fois plus infectieux que le VIH. Une fois contracté, il peut rester silencieux pendant des années, avant de provoquer des complications graves. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 250 millions de personnes vivent avec une hépatite B chronique. En France, on estime qu'environ 135 000 personnes sont porteuses chroniques du VHB, parfois sans le savoir. D’où l’importance d’une prévention active, aussi bien à l’échelle individuelle que collective.

Le vaccin contre l’hépatite B : la mesure de prévention la plus efficace

Comment fonctionne le vaccin contre l’hépatite B ?

Le vaccin contre l’hépatite B contient une protéine du virus (antigène HBs) qui stimule la production d’anticorps protecteurs. Il n’est pas infectieux et ne peut en aucun cas transmettre la maladie. Administré en trois injections réparties sur plusieurs mois, il confère une protection de longue durée, estimée à plus de 20 ans, voire à vie.

À qui s’adresse la vaccination contre le VHB ?

La vaccination hépatite B est recommandée en France pour :

  • Tous les nourrissons dès l’âge de 2 mois (obligatoire depuis 2018)
  • Les enfants et adolescents non encore vaccinés
  • Les professionnels de santé ou en contact avec des fluides biologiques
  • Les personnes vivant avec un proche porteur chronique
  • Les usagers de drogues injectables
  • Les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels
  • Les personnes infectées par le VIH, le VHC ou autres IST
  • Les voyageurs se rendant dans des zones à forte prévalence (Afrique, Asie, Europe de l’Est)

Où se faire vacciner ?

La vaccination peut être réalisée chez votre médecin généraliste, dans un centre de vaccination, un hôpital ou certaines pharmacies. Le vaccin est entièrement remboursé pour les publics à risque.

Prévention des transmissions : les gestes à adopter

Même sans être vacciné, il est possible de réduire considérablement les risques de transmission en respectant quelques règles de prudence.

Protéger ses rapports sexuels

L’un des modes de transmission majeurs du virus est le contact sexuel non protégé avec une personne infectée. Pour éviter toute contamination :

  • Utilisez un préservatif lors de chaque rapport sexuel (oral, vaginal ou anal)
  • Limitez le nombre de partenaires et faites-vous dépister régulièrement
  • Informez votre ou vos partenaires si vous êtes porteur du VHB
  • Demandez une sérologie hépatite B lors d’un bilan IST

Éviter le contact avec du sang potentiellement contaminé

Le VHB se transmet aussi par le sang, même en très faible quantité. Soyez vigilant dans les situations suivantes :

  • N’utilisez jamais du matériel de drogue déjà utilisé (seringues, pailles…)
  • Refusez un tatouage ou piercing sans conditions d’hygiène strictes (aiguilles à usage unique, gants, matériel stérile)
  • Ne partagez pas rasoirs, brosses à dents ou coupe-ongles avec autrui
  • En cas de blessure avec un objet souillé, désinfectez immédiatement et consultez

Protéger les enfants : prévention de la transmission mère-enfant

Une mère infectée peut transmettre le virus à son bébé lors de l’accouchement. Pour éviter cela :

  • Toute femme enceinte doit bénéficier d’un dépistage de l’hépatite B dès le premier trimestre
  • Si la mère est porteuse, le nouveau-né doit recevoir un traitement prophylactique (vaccin + immunoglobulines spécifiques) dans les 12 premières heures de vie
  • Un suivi médical régulier est ensuite mis en place pour surveiller l’enfant

Le dépistage : un outil clé de prévention

Se faire dépister permet non seulement de protéger son entourage mais aussi de bénéficier d’un suivi médical précoce en cas d’infection. Le dépistage est particulièrement recommandé pour les publics à risque, notamment :

  • Les personnes ayant eu des rapports sexuels non protégés
  • Les usagers de drogues
  • Les personnes issues ou ayant voyagé en zone endémique
  • Les professionnels de santé
  • Les détenus ou anciens détenus
  • Les proches d’une personne infectée

Le dépistage se fait par prise de sang, en laboratoire d’analyse médicale ou en centre de dépistage. Il est rapide, fiable et confidentiel.

Mesures de prévention dans le milieu médical et professionnel

Les professionnels de santé sont particulièrement exposés au risque de transmission, notamment lors de gestes invasifs (piqûres, chirurgie, soins dentaires). Les établissements doivent appliquer des règles d’hygiène rigoureuses :

  • Port de gants, masques, lunettes de protection
  • Désinfection du matériel entre chaque patient
  • Vaccination obligatoire pour les personnels de santé

Traçabilité et sécurité des déchets médicaux

Prévention dans le cadre d’un traitement immunosuppresseur

Certaines pathologies nécessitent un traitement immunosuppresseur (chimiothérapie, greffe d’organe, traitement anti-VIH…). Chez les personnes ayant déjà été en contact avec le VHB, il existe un risque de réactivation virale. Un bilan sérologique est donc indispensable avant tout traitement de ce type, et une prophylaxie antivirale préventive peut être mise en place.

La prévention de l’hépatite B à l’échelle collective

La lutte contre le VHB ne repose pas uniquement sur l’individu, mais aussi sur des actions de santé publique :

  • Campagnes de sensibilisation régulières auprès du grand public
  • Accès élargi à la vaccination dans les collèges, universités et prisons
  • Promotion du dépistage via les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD)

Formation des professionnels de santé sur la gestion du VHB

Faut-il se faire revacciner ?

Chez les personnes correctement vaccinées, le taux d’anticorps peut diminuer avec le temps. Toutefois, aucun rappel systématique n’est recommandé pour la population générale. Un contrôle sérologique peut être envisagé chez les professionnels à risque pour vérifier la persistance de l’immunité, et un rappel peut être proposé si le taux d’anticorps est inférieur à 10 mUI/mL.

Que faire en cas d’exposition accidentelle ?

En cas de contact avec du sang ou de liquides biologiques potentiellement contaminés (piqûre, rapport sexuel à risque, etc.) :

  1. Lavez immédiatement la zone exposée à l’eau et au savon
  2. Consultez un service d’urgence ou un médecin dans les 4 à 6 heures
  3. Une prophylaxie post-exposition (vaccination ou immunoglobulines) pourra être administrée selon votre statut vaccinal

Conclusion : adopter les bons réflexes pour se protéger

La prévention de l'hépatite B repose sur un triptyque fondamental : la vaccination, le dépistage régulier et la réduction des comportements à risque. Face à une infection potentiellement grave mais évitable, chacun peut agir à son niveau. Que vous soyez jeune parent, professionnel de santé, voyageur ou simple citoyen soucieux de sa santé, vous avez les moyens de vous protéger efficacement. Si vous avez le moindre doute sur votre statut ou vos risques, n’attendez pas pour consulter votre médecin ou effectuer un dépistage dans un laboratoire Eurofins près de chez vous.

Liens utiles vers le glossaire santé sexuelle

Pour mieux comprendre l’hépatite B et les autres infections sexuellement transmissibles, consultez aussi :

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